Quel rôle pour la sécurité privée dans la lutte contre le terrorisme ?

Dans le cadre de l’extension des domaines d’application de la lutte contre le terrorisme d’une part et la conversion de nos services publics au raisonnement gestionnaire d’autre part, la question du rôle et de la place de la sécurité privée dans la lutte policière contre le terrorisme prend tout son sens. Malgré des modes d’organisation différents selon les configurations nationales, toutes les forces de sécurité ont été sommées – à un moment ou l’autre et avec plus ou moins de facilité et d’opposition – de passer d’une logique de moyens à une logique de performance. A l’instar de nombreux autres services publics, les forces de polices, gendarmes et forces armées ont du accommoder leur vocation à remplir des missions indiscutables et permanentes de service à une dimension managériale les conduisant à questionner leur fonctionnement au nom des enjeux de flexibilité et des conditions de travail. Entre la mise en place de ratio d’efficacité et d’efficience d’une part et un contexte largement partagé à travers tous les pays européens de réduction non seulement des effectifs mais aussi des budgets d’autre part, toutes les forces de sécurité publique ont été contraintes de repenser leurs « cœurs de métiers », leurs priorités et par voie de conséquence de se débarrasser de missions « indues » ou « périphériques » souvent couteuses en effectifs et entrant plus difficilement dans les lignes budgétaires des programmes d’action.