Les territoires du secret

Les territoires du secret : les sciences sociales face aux pratiques de confidentialité dans les mondes de la sécurité

Les entreprises de connaissance scientifique de la police, des forces armées, des corps diplomatiques et des services secrets se heurtent souvent à la contrainte du silence et à l’ensemble de ces pratiques discrétionnaires et de confidentialités inhérentes à ces métiers de la sécurité. Dans ces mondes où le secret est à la fois une règle de conduite intériorisée et un dispositif administratif ordonné et réglementé comme ensemble de pratiques concrètes de discrétion et d’occultation des mots, des informations et des savoir-faire, les modalités d’investigation et la marge de manœuvre scientifique sont souvent de facto limitées. Les recherches sociologiques sur les questions de sécurité font paradoxalement peu de place à l’analyse du secret en lui-même. Bien souvent, celui- ci est relégué au rang des précisions méthodologiques, où les chercheurs expliquent, souvent brièvement et ce même dans un cadre ethnographique, les difficultés rencontrées et les solutions trouvées pour générer une enquête de terrain viable. Des manuels de méthode proposent certes des ficelles et stratégies d’approche, mais, à nouveau, l’étude du fonctionnement même du secret, pourtant essentielle à son appréhension méthodologique, ne constitue pas le centre d’intérêt de ces publications.

À l’opposé d’une lecture qui fait du secret un savoir extraordinaire et de son détenteur un individu hors norme, cette journée d’étude entend mettre l’accent sur les dimensions ordinaires et structurantes du secret, de la discrétion et de la confidentialité dans ces mondes de la sécurité. À partir de recherches empiriques originales, cet évènement entend montrer comment le secret fonctionne comme outil de délimitation d’un champ de connivences, comme mode de valorisation ou de dévalorisation professionnelle, de classement et de distinction mais aussi comme forme de sociabilité au sein de ces mondes pluriels de la sécurité. En partant de différentes situations de recherche et en explorant différentes formes, modalités et mythologies du secret chez les professionnels de la sécurité, cette journée d’étude entend aussi exposer les stratégies mises en place par les chercheurs pour analyser des lieux confidentiels et faire parler des spécialistes de la discrétion.

JOURNÉE D’ÉTUDE​, Jeudi 24 mai 2018 de 10h30 à18h30

Université libre de Bruxelles – IEE – Salle Kant (39 avenue F. Roosevelt, 1050 Bruxelles)

Quel rôle pour la sécurité privée dans la lutte contre le terrorisme ?

Dans le cadre de l’extension des domaines d’application de la lutte contre le terrorisme d’une part et la conversion de nos services publics au raisonnement gestionnaire d’autre part, la question du rôle et de la place de la sécurité privée dans la lutte policière contre le terrorisme prend tout son sens. Malgré des modes d’organisation différents selon les configurations nationales, toutes les forces de sécurité ont été sommées – à un moment ou l’autre et avec plus ou moins de facilité et d’opposition – de passer d’une logique de moyens à une logique de performance. A l’instar de nombreux autres services publics, les forces de polices, gendarmes et forces armées ont du accommoder leur vocation à remplir des missions indiscutables et permanentes de service à une dimension managériale les conduisant à questionner leur fonctionnement au nom des enjeux de flexibilité et des conditions de travail. Entre la mise en place de ratio d’efficacité et d’efficience d’une part et un contexte largement partagé à travers tous les pays européens de réduction non seulement des effectifs mais aussi des budgets d’autre part, toutes les forces de sécurité publique ont été contraintes de repenser leurs « cœurs de métiers », leurs priorités et par voie de conséquence de se débarrasser de missions « indues » ou « périphériques » souvent couteuses en effectifs et entrant plus difficilement dans les lignes budgétaires des programmes d’action.

 

De quoi la radicalisation est-elle le nom?

Conférence-débat avec Rik Coolsaet, Professeur émérite à l’Université de Gand et Fatima Zibouh, chercheuse au Centre d’Etudes de l’Ethnicité et des Migrations à l’‎Université de Liège.

La lutte contre le terrorisme et la prévention de la radicalisation sont devenues les maîtres-mots de nos angoisses politiques et sociales contemporaines. Mais de quoi parlons-nous vraiment lorsque ces termes de terrorisme et de radicalisation sont invoqués ? De quoi la radicalisation est-elle le nom ?

Lundi 27 Mars 2017 – La Fonderie, Musée bruxellois des Industries et du Travail, salle des ciseleurs